Les Oraisons de Sainte-Brigitte

Prière de Sainte Brigitte de Suède
Béni soyez-Vous, ô Dieu! Créateur de toutes choses, qui avez daigné descendre dans le sein de la Vierge Marie sans incommodité, et qui avez daigné prendre d’Elle une chair humaine sans péché! 

Béni soyez-Vous, ô Dieu! Qui êtes venu à la Vierge sainte, qui êtes né d’Elle sans péché, remplissant de tressaillements d’une joie ineffable son Âme et tous ses Membres! 

Béni soyez-Vous, ô Dieu! Qui avez réjoui la Vierge Marie, votre Mère, après l’Ascension, lui donnant tant d’admirables consolations, et qui l’avez Elle-même visitée en La consolant divinement!

Béni soyez-Vous, ô Dieu! Qui avez emporté au ciel le corps et l’âme de la Vierge Marie, votre Mère, et qui l’avez honorablement placée auprès de la Divinité, au-dessus de tous les anges. Faites-moi miséricorde en raison de ses prières amoureuses.  

Ainsi soit-il.

Révélations célestes à Sainte Brigitte de Suède
Sainte Brigitte de Suède est connue pour ses prophéties et ses révélations mystiques. À sept ans, elle voit apparaître la Sainte Vierge qui lui présente une magnifique couronne. Dès lors, elle prend la résolution de tout faire par amour pour Jésus pour la mériter. À 11 ans, le Christ lui apparaît, couvert de sang et de plaies. Pleurant de compassion elle lui dit : « O Jésus! Qui vous a fait autant de mal ? » Jésus lui répondit : « Ce sont ceux qui me rejettent et méprisent mon amour ». Dès lors, Brigitte cherchait par tous les moyens à le consoler.
Les révélations célestes de sainte Brigitte forment un ensemble de huit livres, intitulés Révélations. À ces livres s’ajoute un supplément intitulé Révélations supplémentaires.  Ces écrits ont un contenu et un style variés. Certaines révélations sont sous forme de dialogue entre Brigitte et l’une des Trois Personnes divines, la Vierge Marie, les saints ou encore les démons. D’autres fois, la sainte fait le récit d’une vision particulière, d’autres fois encore, les révélations racontent ce que la Vierge Marie, lui dévoile à propos de la vie et des mystères de son Fils. Concernant la valeur des Révélations de sainte Brigitte, saint Jean-Paul II dit : « En reconnaissant la sainteté de Brigitte, l’Eglise, sans pour autant se prononcer sur les diverses révélations, a accueilli l’authenticité globale de son expérience intérieure ».
Les thèmes abordés fréquemment au cours des révélations sont :  
• La Passion du Christ pour laquelle Brigitte eut toujours une dévotion privilégiée. Les révélations donnent de nombreux détails sur la Passion, qui laissent à contempler l’amour infini de Dieu pour les hommes. Par exemple le Seigneur lui dit cette parole émouvante : « O mes amis, j’aime si tendrement mes brebis, que, s’il était possible, j’aimerais mieux mourir autant de fois pour chacune d’elles, de la mort que je souffris pour la rédemption de toutes, que d’en être privé ».
• La maternité douloureuse de Marie: Par-là, la Sainte Vierge est Médiatrice, et Mère de Miséricorde.

Les Quinze Oraisons
révélées par Notre-Seigneur à sainte Brigitte de Suède

Promesses de Notre-Seigneur

Comme il y avait fort longtemps qu’elle désirait savoir, le nombre de coups que Notre-Seigneur reçut en sa Passion, un jour il lui apparut en disant: « J’ai reçu en mon corps 5480 coups. Si vous voulez les honorer par quelque vénération, vous direz quinze Pater Noster et quinze Ave Maria avec les Oraisons suivantes (qu’il lui enseigna pendant un an entier); l’année étant achevée, vous aurez salué chacune des plaies. » Il ajouta ensuite que quiconque dirait ces Oraisons durant un an « délivrera du purgatoire quinze âmes de sa lignée; quinze justes de sa même lignée seront confirmées et conservées en état de grâce, et quinze pécheurs de sa même lignée seront convertis. La personne qui les dira aura les premiers degrés de perfection, et, quinze jours avant sa mort, je lui donnerai mon précieux Corps, afin que par celui-ci elle soit délivrée de la faim éternelle; je lui donnerai mon Précieux Sang à boire de peur qu’elle n’ait soif éternellement; et, quinze jours avant sa mort, elle aura une amère contrition de tous ses péchés, et une parfaite connaissance de ceux-ci. Je mettrai le signe de ma victorieuse Croix devant elle, pour son secours et sa défense, contre les embûches de ses ennemis. Avant sa mort, je viendrai avec ma très chère et bien-aimée Mère, et recevrai bénignement son âme, et la mènerai aux joies éternelles et, l’ayant menée jusque là, je lui donnerai un singulier trait à boire de la fontaine de ma Déité, ce que je ne ferai point à d’autres ne disant pas mes Oraisons. Celui qui dira ces Oraisons, est assuré d’être joint au suprême chœur des anges, et quiconque les enseignera à un autre, sa joie et ses mérites ne manqueront jamais, mais seront stables et dureront à perpétuité. Là où sont, et où seront dites ces Oraisons, Dieu est présent avec sa grâce. »

Les Quinze Oraisons révélées par Notre-Seigneur

Première Oraison

Pater; Ave

Ô Jésus-Christ!  douceur éternelle à tous ceux qui vous aiment, joie qui surpasse toute joie et tout désir, espoir et salut des pécheurs. Vous avez témoigné n’avoir de plus grand contentement, que d’être parmi les hommes, jusqu’à prendre la nature humaine, en la plénitude des temps pour l’amour d’eux. Souvenez-vous de toutes les souffrances que vous avez endurées dès l’instant de votre conception, et surtout dans le temps de votre sainte Passion, ainsi qu’il avait été décrété et ordonné de toute éternité dans la pensée divine.
Souvenez-vous, Seigneur, que faisant la Cène avec vos disciples, après leur avoir lavé les pieds, vous leur avez donné votre Corps sacré, et votre précieux Sang, et tout en les consolant avec douceur, vous leur avez prédit votre prochaine Passion.
Souvenez-vous de la tristesse et de l’amertume, que vous avez éprouvées en votre âme, comme vous l’avez témoigné vous-même, disant:  «Mon âme est triste jusqu’à la mort.» (Mathieu 26:38).
Souvenez-vous de toutes les craintes, angoisses et douleurs que vous avez endurées en votre Corps suave, avant le supplice de la croix, quand après avoir prié trois fois, en répandant une sueur de sang, vous avez été trahi par Judas votre disciple, arrêté par la nation, que vous aviez choisie et élevée, accusé par de faux témoins, injustement jugé, en la fleur de Votre jeunesse, et dans le temps solennel de la Pâque.
Souvenez-vous que vous avez été dépouillé de vos propres vêtements, et revêtu de ceux de la dérision; qu’on vous a voilé les yeux et la face, qu’on vous a donné des soufflets, qu’on vous a couronné d’épines, qu’on vous a mit un roseau à la main, et qu’attaché à une colonne, vous avez été déchiré de coups, et accablé d’affronts et d’outrages.
– En mémoire de ces peines et douleurs, que vous avez endurées avant votre Passion sur la croix, donnez-moi avant la mort, une vraie contrition, une sincère et entière confession, une juste pénitence, et la rémission de tous mes péchés.  Amen!

Deuxième Oraison

Pater; Ave

Ô Jésus!  vraie liberté des Anges, paradis de délices, ayez mémoire de l’horreur de tristesse, que vous avez endurée, lorsque vos ennemis, tel des lions furieux vous entourèrent, et par mille injures, crachats, soufflets, griffures et autres supplices inouïs, vous tourmentèrent à l’envi.
– En considération de ces tourments, et de ces paroles injurieuses, je vous supplie, ô mon Sauveur, de me délivrer de tous mes ennemis visibles et invisibles, et de me faire arriver sous votre protection, à la perfection du salut éternel.  Amen!

Troisième Oraison

Pater; Ave

Ô Jésus!  Créateur du Ciel et de la terre (Jean 1: 1-4), que nulle chose ne peut contenir ni limiter, vous qui renfermez et tenez tout sous votre puissance, souvenez-vous de la douleur très amère, que vous avez soufferte lorsque les soldats, attachant vos mains sacrées et vos pieds très délicats à la croix, les percèrent de part et part avec de gros clous émoussés et, ne vous trouvant pas dans l’état qu’ils voulaient, pour contenter leur rage, agrandirent vos plaies, y ajoutèrent douleur sur douleur, et, par une cruauté inouïe, vous allongèrent alors sur la croix, et vous tirèrent de tous côtés, en disloquant vos membres.
– Je vous conjure, par la mémoire de cette très sainte et très aimante douleur de la croix, de me donner crainte et amour envers vous. Amen!

Quatrième Oraison

Pater; Ave

Ô Jésus! céleste médecin, élevé en Croix pour guérir nos plaies par les vôtres. Souvenez-vous des langueurs et meurtrissures, que vous avez souffertes en tous vos membres, dont aucun ne demeura en sa place, en sorte qu’il n’y avait douleur semblable à la vôtre.  Depuis la plante des pieds jusqu’au sommet de la tête, aucune partie de votre corps n’était sans tourment; et cependant, oubliant vos souffrances, vous ne vous êtes point lassé de prier votre Père pour vos ennemis, Lui disant:  «Père, pardonnez-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font.» (Luc 23:24)
– Par cette grande miséricorde, et en mémoire de cette douleur, faites que le souvenir de votre très amère Passion, opère en moi, une parfaite contrition et la rémission de tous mes péchés.  Amen!

Cinquième Oraison

Pater; Ave

Ô Jésus! miroir de splendeur éternelle, souvenez-vous de la tristesse que vous avez eue, lorsque contemplant dans la lumière de votre divinité, la prédestination de ceux qui devaient être sauvés, par les mérites de votre sainte Passion. Vous voyiez en même temps la grande multitude des réprouvés, qui devaient être damnés par leurs péchés, et vous plaigniez amèrement, ces malheureux pécheurs perdus et désespérés.
– Par cet abîme de compassion et de pitié, et principalement par la bonté que vous avez témoignée envers le bon larron, lui disant:  «Tu seras aujourd’hui avec Moi en Paradis» (Luc 23:43), je Vous prie, ô doux Jésus, qu’à l’heure de ma mort, Vous me fassiez miséricorde.  Amen!

Sixième Oraison

Pater; Ave

Ô Jésus!  Roi aimable et si désirable. Souvenez-vous de la douleur que vous avez eue quand, nu et comme un misérable, vous étiez attaché et élevé sur la croix, où tous vos parents et vos amis vous abandonnèrent, excepté votre Mère bien-aimée qui demeura, en compagnie de Saint Jean, très fidèlement auprès de vous dans l’agonie, et que vous avez recommandés l’un à l’autre en disant:  «Femme, voilà ton fils!» et à saint Jean:  «Voilà ta Mère!» (Jean 19:26)
– Je vous supplie, ô mon Sauveur, par le glaive de douleur, qui alors transperça l’âme de votre Sainte Mère, d’avoir compassion de moi, en toutes mes afflictions et tribulations, tant corporelles que spirituelles, et de m’assister dans toutes mes épreuves, surtout à l’heure de la mort.  Amen!

Septième Oraison

Pater; Ave

Ô Jésus!  Fontaine inépuisable de compassion, qui par une profonde affection d’amour, avez dit sur la croix:  «J’ai soif», mais de la soif du salut du genre humain, je vous prie, ô mon Sauveur, d’exalter le désir de mon cœur de tendre à la perfection, dans toutes mes œuvres, et d’éteindre entièrement en moi, la concupiscence charnelle, et l’ardeur des appétits mondains.  Amen!

Huitième Oraison

Pater; Ave

Ô Jésus!  Douceur des cœurs, suavité des esprits, par l’amertume du fiel et du vinaigre (Mathieu 27:34), que vous avez goûtée sur la croix pour l’amour de nous, accordez-moi de recevoir dignement, votre Corps et votre Sang précieux pendant la vie, et à l’heure de la mort, pour servir de remède et de consolation à mon âme. Amen!

Neuvième Oraison

Pater; Ave

Ô Jésus!  vertu royale, joie de l’esprit! Souvenez-vous de la douleur que vous avez endurée, lorsque plongé dans l’amertume, à l’approche de la mort, insulté et outragé par les hommes, vous avez crié avoir été abandonné de votre Père, Lui disant:  «Mon Dieu, Mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné?» (Mat 27:46, Marc 15:34, Paume 22).
– Par cette angoisse, je vous conjure, ô mon Sauveur, ne m’abandonnez pas dans les terreurs et les douleurs de la mort.  Amen!

Dixième Oraison

Pater; Ave

Ô Jésus!  qui êtes en toutes choses commencement et fin, vie et vertu. Souvenez-vous, que vous vous êtes plongé pour nous, dans un abîme de douleurs, depuis la plante des pieds jusqu’au sommet de la tête.   
– En considération de la grandeur de vos plaies, enseignez-moi à garder vos commandements par une vraie charité, ces commandements dont la voie est large et aisée, pour ceux qui vous aiment.  Amen!

Onzième Oraison

Pater; Ave

Ô Jésus!  Abîme très profond de miséricorde, je vous supplie, en mémoire de vos plaies, qui ont pénétré jusqu’à la moelle de vos os, et de vos entrailles, de me tirer moi, misérable submergé par mes offenses, hors du péché, et de me cacher de votre face irritée, dans les trous de vos plaies, jusqu’à ce que votre colère, et votre juste indignation soient passées.  Amen!

Douzième Oraison

Pater; Ave

Ô Jésus!  Miroir de vérité, marque d’unité, lien de charité. Souvenez-vous de la multitude de plaies dont vous avez été blessé de la tête aux pieds, déchiré et tout rougi, par l’effusion de votre Sang adorable.  Ô grande et universelle douleur que vous avez soufferte, pour l’amour de nous, en votre chair virginale!… Très doux Jésus, qu’auriez-vous pu faire pour nous que vous n’ayez fait!…  Je vous conjure, ô mon Sauveur, de marquer de votre précieux Sang, toutes vos plaies dans mon cœur, afin que j’y lise sans cesse vos douleurs et votre amour.
– Que par le fidèle souvenir de votre Passion, le fruit de vos souffrances soit renouvelé dans mon âme, et que votre amour s’y augmente chaque jour, jusqu’à ce que je parvienne à vous, qui êtes le trésor de tous les biens et de toutes les joies, que je vous supplie de me donner, ô très doux Jésus, dans la vie éternelle.  Amen!

Treizième Oraison

Pater; Ave

Ô Jésus! Lion de Juda! Roi immortel et invincible! Ayez mémoire de la douleur que vous avez endurée, lorsque toutes vos forces tant du cœur que du corps, étant épuisées, vous avez incliné la tête en disant:  «Tout est consommé» (Autre traduction grecque “Tout est accompli”).
– Par cette angoisse et cette douleur, je vous supplie, Seigneur Jésus, d’avoir pitié de moi, en la dernière heure de ma vie, lorsque mon âme sera dans l’angoisse et que mon esprit sera troublé.  Amen!

Quatorzième Oraison

Pater; Ave

Ô Jésus!  Fils unique du Père. Splendeur et figure de Sa substance. Souvenez-vous de l’étroite et humble recommandation, que vous avez faite à votre Père, Lui disant:  «Mon Père, Je remets Mon esprit entre tes mains».  Et, votre corps déchiré, votre Cœur brisé, et les entrailles de votre miséricorde, ouvertes pour nous racheter, vous avez expiré.
– Par cette précieuse mort, je vous conjure, ô Roi des Saints!  De me réconforter, et de me secourir, pour résister au démon, à la chair et au sang, afin qu’étant mort au monde, je vive en Vous seul.
Recevez, je vous prie, à l’heure de ma mort, mon âme pèlerine et exilée, qui retourne à vous.  Amen!

Quinzième Oraison

Pater; Ave

Ô Jésus!  Vraie et féconde vigne. Souvenez-vous de l’abondante effusion de sang, que vous avez si généreusement répandue de votre Corps sacré, comme le raisin sous le pressoir.  
De Votre côté, percé d’un coup de lance par un soldat, vous avez donné du sang et de l’eau, de telle sorte qu’il n’en est plus demeuré une seule goutte, et enfin, comme un faisceau de myrrhe élevé du haut de la croix, votre chair délicate s’est anéantie, l’humeur de vos entrailles s’est tarie, la moelle de Vos os s’est desséchée.
– Par cette amère Passion et par l’effusion de votre précieux Sang, je vous supplie, ô bon Jésus, de recevoir mon âme lorsque je serai à l’agonie.  Amen!

Prière Finale
Ô doux Jésus!  blessez mon cœur, afin que des larmes de pénitence, de douleur et d’amour, nuit et jour, me servent de pain; convertissez-moi entièrement à vous, que mon cœur vous soit une perpétuelle habitation, que ma conduite vous soit agréable, et que la fin de ma vie, vous soit tellement louable, qu’après ma mort, je puisse mériter votre paradis, et vous louer à jamais avec tous vos Saints.  Amen!

Récitation des Oraisons

Demande: “Faut-il les réciter tous les jours sans interruption?”

Réponse: “Manquer le moins possible; mais si pour un motif sérieux on les omet, on ne perd pas les privilèges qui y sont rattachés, pourvu qu’on les récite 365 fois dans l’année. Il faut les dire dévotement et bien se pénétrer les paroles qu’on prononce”.